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Depuis 1990,
« UNE MAISON AVEC VUE
SUR LE CŒUR »
pour toxicomanies et autres dépendances.
Bref historique de
la Maison
de Réhabilitation l’Exode inc,
par ANDRÉ DUMONT.
Le fondateur Raconte
La
Maison de Réhabilitation l’Exode
inc. voyait le jour le 2 juillet 1990, après une année
d’intense travail du premier Conseil d’Administration jailli dans
la région de Trois-Rivières. M. André Dumont, prêtre, missionnaire
oblat de Marie Immaculée, avait ressenti le besoin des jeunes d’un
milieu thérapeutique pour toxicomanes en Mauricie : la réinsertion
après thérapie interne.
Nous le croyons
toujours, la réinsertion constitue l’étape décisive dans le
processus de changement. Après la thérapie interne, nécessaire, il
importe de ne pas développer une paradoxale dépendance aux
organismes, et d’aboutir graduellement « dans la réalité ».
La réinsertion sociale arrive alors comme un tremplin afin de développer
les trois zones de la vie: travail, loisirs, vie relationnelle intime
et sociale.
Avec
Mme Jacqueline Proteau, f.j., il lançait sur la rue Letourneux à
Montréal, près du stade Olympique, la première résidence Exode
pour la réinsertion sociale… Débuts forts modestes d’un
pavillon, qui allait prendre, plus tard, le nom du pionnier de
l’aide dans le domaine au Canada, Ubald Villeneuve o.m.i. :
PAVILLON UBALD. Ce 2575 Letourneux est encore le siège social de
l’organisme et maison de réinsertion pour hommes après thérapie.
Des
développements successifs — notre « cycle de croissance »
en jargon thérapeutique! — allaient suivre au fil des années
jusqu’à aujourd’hui. Nommons-en quelques uns. En 1995, l’Exode ouvre un pavillon pour la clientèle féminine au 2590
Letourneux, en face du pavillon pour hommes. Il se nomme maintenant
PAVILLON ÉMILIE, soulignant la complicité des Sœurs de la
Providence à l’Exode et leur mission auprès des défavorisés de la société,
que leur a laissée leur fondatrice Émilie Gamelin.
Trois
ans plus tard, un pas de géant s’effectuait en établissant une
entente entre l’Exode et
le Centre Dollard-Cormier, ce réseau public montréalais où
aboutissent les personnes souffrant de toxicomanie et autres dépendances :
l’Exode devenait alors leur service gratuit d’hébergement-dépannage
pour femmes et pour hommes.
Au
cours de cette même année historique 1998, notre Maison
de Réhabilitation l’Exode faisait l’acquisition d’un
domaine en Montérégie Sud-Ouest, à St-Anicet, au Lac St-François.
L’équipe de direction, avec le Fondateur, avait perçu un besoin récurrent
des personnes qui nous arrivaient de différentes approches thérapeutiques :
une maison. de thérapie interne véhiculant nos « couleurs
Exode » avec notre philosophie des valeurs et ouverture au
spirituel! C’est le PAVILLON GENESIS ( du
mot grec « naissance »).
Une
approche originale
Après
toutes ces années sur le terrain, l’équipe responsable — avec le
Directeur clinique actuel Sylvain Proulx —, pouvait formuler et
mettre en œuvre une approche originale qui n’a pas cessé, depuis,
de donner des fruits. Nous croyons au potentiel unique de toute
personne, y compris, évidemment, l’être humain aux prises avec la
toxicomanie et autres dépendances. Nous visons à conscientiser
l’usager à se responsabiliser avec ses émotions (empowerment),
en découvrant leur origine et comment les modifier.
Selon
nous, la plus belle source de la vie jaillit des ressources internes
elles-mêmes de la personne, peu importe ses blessures. Comment
arriver à aider cet être humain en détresse émotive, souvent complètement
coupé de tout espoir? Nous préférons dépasser les trucs thérapeutiques
et aller en profondeur pour des résultats durables. Comment? Par la CONNEXION à son moi amélioré.
Par la COMPASSION
envers lui-même et les autres. Par une CRÉATIVITÉ unique, basée sur l’estime de soi. Tout en
apportant sa CONTRIBUTION
à la Communauté.
Des
valeurs fondamentales… à la spiritualité
À
l’Exode, depuis les tout débuts,
l’approche a toujours inclus une dimension spirituelle qu’il
convient de préciser ici : nous croyons « qu’il n’y a
pas de hasard » même avec les dérapages et erreurs de
parcours. Ce bas-fond une fois intégré peut servir à mon
cheminement ultérieur de façon merveilleuse. Nous croyons qu’il
existe « une Puissance Supérieure, Dieu qui nous a tous créés
pour la joie d’aimer et d’être aimé. »
Sans
imposer une démarche religieuse particulière (bible, christianisme,
boudhisme, hindouisme, islamisme etc.), nous offrons à notre clientèle
une pastorale ouverte sur les valeurs fondamentales avec un espace méditation
pour aller puiser aux sources mêmes de la spiritualité. Au-delà de
tout dogmatisme, nous proposons même,
sans difficulté, la belle sagesse indépassée de Jésus :
respect, non-condamnation et non-violence, pardon, amour. Nous
estimons qu’il y a là un chemin qui a fait ses preuves pour
atteindre la liberté. ( Le mot EXODE, comme on sait, vient du
grec « chemin » : ODOS et « sortie » :
EX. Dans le deuxième
livre de la bible,
c’est le chemin communautaire à travers le désert pour se
sortir de l’esclavage vers la liberté.)
Une
relation d’aide en équipe
Nous sommes
convaincus, chez nous, que chaque intervenant — animateur, agent de
liaison ou membre du personnel de soutien —, apporte une richesse
unique dans un travail de concertation, sous la supervision du
Directeur général et du Directeur clinique en gardant toujours le
cap sur « l’âme », la mission de l’œuvre, telle que
conçue dès l’origine. La Maison
de Réhabilitation l’Exode inc., organisme de bienfaisance à
but non lucratif, est appuyée par les membres du Conseil d’Administration
dans l’application de sa philosophie et de son programme.
« Voir
le beau, le bon, le vrai… »
L’avenir
est là. Sans fausse modestie, il convient de l’avouer, le nom Exode
est devenu une référence. Depuis ses débuts tout simples, notre
ressource a pris une expansion remarquable, en terme de locaux, de
clientèle, de personnel compétent et même de rayonnement internet
avec notre site maison-exode.org.
Des stagiaires de niveau universitaire nous découvrent et nous fréquentent,
d’aussi loin que l’Europe.
Nous
avons aidé des milliers de personnes à retrouver un chemin de liberté
et, plus souvent qu’on pourrait le penser, à effectuer une véritable
renaissance après avoir frayé avec un bas-fond de criminalité et de
détention. Leur milieu social en a été le premier bénéficiaire,
enfants, parents, employeurs et conjoints. Beaucoup de nos anciens
nous font maintenant honneur et sont fiers de venir nous saluer.
Évidemment,
la gestion d’une telle œuvre à but non lucratif constituera
toujours un défi, nous en sommes bien conscients. Pour ma part, je
n’ai jamais autant quêté
dans toute ma vie que depuis 1990! Mais c’est pour une bonne cause!
Il le faut constamment pour combler l’écart entre nos rêves, nos
prévisions budgétaires et notre situation financière. Mais le
« miracle » de l’entraide pour les blessés de la vie
s’est répété par le cœur et les mains de gens extraordinaires :
Oblats de Marie Immaculée et Sœurs de la Providence — fournissant
maisons et appui —, différentes Fondations humanitaires, Moisson
Montréal, Moisson Sud-Ouest, bienfaiteurs anonymes et amicaux, bénévoles,
conseillers, promoteurs d’événements spéciaux… et j’en passe.
À
travers leurs sourires, leur disponibilité, leur générosité, à
travers aussi nos épreuves inévitables, j’avoue avoir cru entendre
souvent le message amical du pionnier merveilleux que fut Ubald
Villeneuve, ce géant dont j’eus l’honneur d’être un intime et
un complice dans la cause qui nous enthousiasme:
Voir
le beau, le bon, le vrai.
Naviguer
à travers le reste
Avec
amour.
André Dumont
Fondateur
et Directeur Général
Montréal,
mai 2003
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